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Interview de Séverine et Yann Alexandre

Publié le : 
08/06/2017
Catégorie: 
Champagne Yann Alexandre

C'est à Courmas dans la vallée de l'Ardre, à quelques kilomètres de Reims, que je retrouve Séverine et Yann Alexandre pour faire un tour de leur exploitation et en découvrir un peu plus sur leur quotidien. Yann est un vigneron extrêmement passionné et passionnant, qui peut vous parler de la complexité de son métier pendant des heures sans que vous ne les voyiez passer. Et cela même si vous n'êtes pas un expert en la matière, comme notre photographe Anne Lemaître en a témoigné ! Et derrière le couple de vignerons très investis dans leur travail, nous avons aussi découvert des amateurs de jardinage et de musique. Je ne vous en dis pas plus, à vous de lire.

> Découvrez les Champagnes Yann Alexandre

Quelle est l’histoire du Champagne Yann Alexandre ? Pourquoi avoir décidé de créer ta propre marque avec un nouveau nom ?
YANN : Quand j’ai commencé mon père commercialisait toujours ses bouteilles sous son nom « Yves Alexandre », donc il fallait trouver un autre nom. Cependant, si un des enfants décide de reprendre l’exploitation un jour, je lui déconseillerais de changer à nouveau le nom du Champagne car ça implique nécessairement un changement de clientèle. C’est quand même un travail d’une dizaine d’années que tu dois reprendre de zéro ! C’est la force de l’identité, les clients y sont attachés.

Maintenant que tu es bien installé, qu’est-ce qui te semble le plus difficile dans le métier de vigneron ?
YANN : C’est la partie administrative, parce que ce n’est pas mon domaine. Quand je ne comprends pas certaines règles je fais appel à des professionnels pour m’aider d’ailleurs. La partie vigne et vin c’est physique, mais si tu acceptes ce côté physique ce n’est pas contraignant moralement. Le plus difficile c’est au niveau moral : on est dans une région où il y a un rapport économique important. Les gens qui te louent leur terre considèrent qu’elle doit leur rapporter tant, peu importe la vendange, peu importe le rendement etc. Et aujourd’hui tu ne peux pas travailler uniquement ta propre surface, ce n’est pas suffisant pour rentabiliser les machines, faire des économies d’échelle sur les achats d’étiquettes ou autre.

Inversement quel est le moment que tu préfères dans l’année par rapport à ton activité ?
YANN : Tout en haut je mettrais quand même les vendanges ! Il y a beaucoup d’anxiété sur les résultats, de doute, d’impatience aussi. D’impatience car chaque année j’aime bien me lancer des défis et faire des expériences. Et quand ça n’a pas fonctionné j’essaye de comprendre pourquoi. Je goutte toujours tous les jus, je fais aussi des analyses chimiques. Mais quand c’est du jus de raisin et pas encore du vin, c’est difficile de faire des projections sur le potentiel. De toute façon on a toujours des doutes, jusqu’à ce que la bouteille soit dégorgée ! La dégustation pour faire l’assemblage est d’ailleurs un autre moment plaisir. Je ne peux pas différencier toutes mes parcelles car certaines ne donnent pas suffisamment de raisins pour remplir le pressoir. Donc j’en regroupe certaines mais je note toujours les proportions de chacune dans la cuve. Et en dégustant régulièrement, tu t’habitues à reconnaître les spécificités des parcelles, tu parviens à les détecter d’une année sur l’autre.

Et en dehors du Champagne, quelle est votre occupation favorite quand vous avez un moment de répit ?
SEVERINE : Il y a la famille et la maison ! Les activités extra-scolaires des enfants, quelques petits travaux dans le jardin. On est dans un village non viticole (NDLR : la maison n’est pas sur l’exploitation), du coup on déconnecte quand on est à la maison, c’est important. Mais je n’ai pas vraiment la main verte, donc le jardin c’est plutôt le travail de Yann, il aime vraiment les plantes en général. Il fait des bonzaïs d’ailleurs !
YANN : Oui il faut les faire soi-même, il ne faut pas les acheter en jardinerie ! Mais c’est très difficile, j’en ai fait mourir quelques-uns. J’en avais même fait un avec un pépin de raisin, ce n’était pas vraiment un bonzaï, mais il était beau. Et notre chat l’a mangé !! Là je vais essayer d’en faire un avec un pied de vigne, car j’ai aussi une collection de pieds de vignes anciens.
SEVERINE : On aime aussi beaucoup la musique, en particulier le Requiem de Mozart qu’on essaye d’aller écouter dès qu’il passe quelque part où nous sommes, même en vacances !

Parlons un peu gastronomie… Quel accord met-Champagne vous nous recommanderiez de tester ?
YANN : Des huîtres chaudes avec un Brut Zéro ! C’est tout simple à faire : tu retires la première eau de l’huître que tu remplaces par une cuillère à café de Brut Zéro (il faut quelque chose de tendu, on recherche de la fraîcheur), et tu passes entre 2 et 3 minutes au four bien chaud, à 200°C. Il faut juste que l’huître se resserre légèrement pour ne plus être dans le côté cru mais légèrement cuit. Associé avec une flûte du même Champagne c’est splendide. Cette petite note d’acidité, de vin frais… ça se marie vraiment bien et c’est tout simple à faire ! Dans tous les cas, comme le Champagne reste un vin très aérien et léger, de nombreux mets s’associent bien avec, en particulier en grignotage d’apéritif. Tout ce qui est produits mi-cuits, crus, poissons, légumes…

S’il reste un peu de Champagne non bu au fond d’une bouteille, vous en faites quoi ?
YANN : Généralement il n’en reste pas ! Enfin pour nous oui, comme on fait des dégustations.
SEVERINE : Dans ce cas j’en ajoute dans un plat pour faire une sauce : un poulet, un lapin…
YANN : En tout cas si tu l’utilises en cuisine il faut toujours faire évaporer l’alcool en le chauffant un peu, sinon je trouve que ça donne une amertume. A part pour les plats en sauce qui cuisent longtemps où de toute manière tu n’as plus d’alcool bien sûr. Mais tu peux simplement l’utiliser pour déglacer les sucs d’une viande.

Pour finir, auriez-vous un conseil, une astuce à donner aux futurs mariés qui nous lisent ?
SEVERINE : Surtout ne pas manquer de Champagne ! C’est dommage d’annoncer aux invités qu’il n’y a plus de Champagne, ça casse un peu l’ambiance. Je dis toujours aux jeunes mariés de ne pas hésiter, car le Champagne ça se garde. Donc comptez toujours un peu plus que ce qui est prévu, il ne faut pas être économe sur cette partie. Et au-delà du nombre de coupes bues par personne en moyenne, pensez que le climat va jouer aussi : s’il fait très chaud le Champagne va partir plus vite.
YANN : Et ce n’est jamais perdu, ça permet aussi d’ouvrir une bouteille un ou deux ans après le mariage ! Pour le service, il faut éviter de placer toutes les coupes servies sur une table, car elles vont se réchauffer. Et servez des petites coupes : il vaut mieux avoir des serveurs qui passent régulièrement vous resservir pour avoir toujours du Champagne bien frais, plutôt que d’avoir une grande coupe qui se réchauffe. 

Champagne Yann Alexandre

Champagne Yann Alexandre

Champagne Yann Alexandre

Champagne Yann Alexandre

Champagne Yann Alexandre

Champagne Yann Alexandre

Photos : Anne Lemaître

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