La dégustation

Pour bien apprécier un Champagne, on doit passer par 3 étapes : la vue, l’odorat et le goût. Les cépages composant le Champagne en question, ainsi que son âge, jouent un rôle déterminant dans la dégustation. Voici quelques clés pour vous aider à mieux l’aborder, sachant que rien ne vaut l’expérience pour comprendre et se perfectionner !

> Quelles sont les différentes couleurs possibles pour un Champagne ?

Selon les raisins qui ont servi à sa composition, un Champagne n’aura pas la même teinte qu’un autre. Par exemple un Champagne Blanc de Blancs, élaboré uniquement avec des raisins blancs, sera généralement jaune pâle ou jaune citron aux reflets verts, tandis qu’un Champagne Blanc de Noirs, élaboré uniquement avec des raisins noirs, tendra vers un blond voire un or aux reflets rosés.

On peut distinguer les teintes suivantes (ordonnées de l’intensité la plus forte à la plus faible) :
  • Pour un Champagne blanc : (+) vieil or > or jaune > jaune paille > or gris > or vert (-)
  • Pour un Champagne rosé : (+) rose saumoné > rose soutenu > rose tendre > rose pâle (-)

> Quels sont les arômes typiques d'un Champagne ?

Les arômes d’un Champagne se discernent principalement au nez. Il en existe une palette très large, mais quelques-uns sont plus courants que d’autres. Par ailleurs ils découlent des cépages utilisés, donc la connaissance de l’assemblage vous orientera d’autant plus (et inversement vous pouvez deviner l’assemblage en repérant certains arômes). L’âge du Champagne joue également sur les types d’arômes : on parle ainsi d’arômes primaires lorsque le Champagne a 2-3 ans de cave, d’arômes secondaires lorsqu’il a entre 3 et 8 ans de cave, et d’arômes tertiaires au-delà. 

On peut retenir les arômes suivants pour chaque cépage selon leur âge :

  • Le chardonnay (vivacité, minéralité) :
    • Jeune : agrumes, pomme verte, fleurs blanches, fougère, pain blanc, craie, iode
    • Mâture : poire, tilleul, acacia, beurre, biscuit, vanille, gingembre, mousseron
    • Evolué : fruits secs, café, beurre cuit, morille, fleurs séchées, safran.
  • Le pinot meunier (fruité et rondeur) :
    • Jeune : fruits rouges, pomme, amande, bonbon, moût, caramel, groseille
    • Mâture : framboise, coing, humus, pomme cuite, sous-bois, cannelle, miel, curry
    • Evolué : fruits secs grillés, noix, pruneau, miel, cire, cacao
  • Le pinot noir (corps, structure) :
    • Jeune : cerise, fraise, verveine, poire, caractère « fumé », orange, églantine
    • Mâture : fruits confits, violette, poire williams, figue, jasmin, noisette, miel, cuir
    • Evolué : marron, pain d’épices, figue sèche, confiture, truffe, musc, kirsch

>> Découvrez ici la carte complète des arômes du Champagne, développée par le Comité Champagne. <<

> Que doit-on percevoir en bouche quand on déguste un Champagne ?

En bouche on va percevoir les saveurs (acide, salé, sucré, amer), mais aussi l’importance de l’effervescence et des tannins, le gras (onctuosité) ou encore le degré d’alcool. Toutes ces sensations qualifient la « structure » du vin, son caractère : un vin qui donne plus de sensations sur l’alcool, le gras et le sucre est dit « moelleux » ; un vin qui est sur l’acidité et l’effervescence est qualifié de « nerveux » ; tandis qu’un vin avec beaucoup de tannins est dit « astringent » (âpre).

La structure d’un Champagne se joue plus particulièrement dans l’équilibre entre l’acidité et le sucre, ainsi que dans la longueur en bouche (le corps) qui découle du gras, de l’alcool et de l’intensité des arômes. Encore une fois les cépages apportent leur propre typicité.

On peut résumer les niveaux d’intensité ainsi :
  • Acidité : (+) chardonnay > pinot noir > meunier (-)
  • Vinosité (corps) : (+) pinot noir > chardonnay > meunier (-)

Le meunier aura donc tendance à donner au Champagne une structure plutôt souple et ronde, le pinot noir une structure puissante avec une bonne longueur en bouche, et le chardonnay une structure élancée et nerveuse.