Calculateur
de bouteilles

Cartes
cadeaux

La petite histoire du Champagne

200 ans de découvertes !

 
Il a fallu plus de 200 ans de découvertes, d’essais et d’inventions, pour élaborer le Champagne tel qu’on le connaît aujourd’hui et permettre la naissance de l’appellation. Voici quelques grandes dates à retenir pour briller en société.

 
Milieu du XVIIème s.
Les Champenois font parler d’eux à la Cour du Roi avec le 1er vin blanc de raisins noirs.
Jusque-là fortement concurrencés par les vins de Bourgogne, les Champenois commencent à se différencier en fabriquant du vin blanc à partir de raisins noirs. On l’appellera le « vin gris », dont on dit qu’il est « d’une blancheur et d’un éclat qui imitent le cristal », ce qui fera son succès à la Cour du roi de France.

Fin du XVIIème
Dom Pérignon fait du meilleur assemblage une véritable philosophie.
Moine Dom PérignonDom Pierre Pérignon, moine responsable des vignes et du pressoir de l’abbaye de Hautvillers de 1668 à 1715, instaure la recherche de l’excellence dans l’assemblage des raisins, les triant selon leur sol de provenance et le climat rattaché, pour aboutir au meilleur équilibre et ainsi à la meilleure qualité de vin. Notez bien que contrairement à la légende qui fait de Dom Pérignon le « créateur de la bulle », l’effervescence du Champagne ne sera comprise et maîtrisée que bien plus tard !

Début du XVIIIème
L’effervescence des vins de Champagne devient un argument de vente.
Jusque-là les vignerons subissent plutôt qu’ils ne recherchent les bulles du Champagne. Mais le « mousseux » commence réellement à faire des adeptes et les négociants veulent garantir cette effervescence dans chaque bouteille. Ils constatent que le vin aura plus tendance à mousser si on le met en bouteille au début du printemps plutôt qu’à la fin de l’été. Ils adopteront donc cette saisonnalité sans toutefois en comprendre les causes… L’explication arrive, un peu de patience.

1740
L’usage des bouchons en liège se généralise.
Les bouchons en liège, en s’adaptant parfaitement au col de la bouteille, permettent une meilleure herméticité que les bondes en bois utilisées jusque-là, et évitent ainsi de laisser échapper le gaz carbonique responsable de l’effervescence du Champagne. Mais on n’a pas encore trouvé la technique idéale pour supprimer le risque qu’ils sautent sans prévenir sous la pression du gaz ! Imaginez donc le binz en cave…

1770
On rend les bouteilles plus solides grâce à l’utilisation d’un verre plus résistant à la pression.
En plus du bouchon qui saute tout seul, c’est parfois la bouteille entière qui explose sous l’effet de la pression exercée par le gaz contenu dans le Champagne. La technique de fabrication du verre avec de l’oxyde de plomb permet d’obtenir des bouteilles beaucoup plus solides, diminuant ainsi l’important taux d’explosion.

1816
Veuve Clicquot met en place la table à remuer, ancêtre du pupitre.
Pupitre de champagneCe serait le maître de chai de Veuve Clicquot, Anton Müller, qui aurait eu l’idée d’accumuler dans le col de la bouteille les impuretés afin de les évacuer plus facilement : on perce de grands trous obliques dans une table pour y placer les bouteilles tête en bas, que l’on tourne régulièrement selon des angles différents. La technique sera perfectionnée en 1840 avec l’invention de pupitres obliques pouvant recevoir plus de 100 bouteilles.

1837
Les Champenois peuvent enfin maîtriser la « prise de mousse ».
Un pharmacien de Châlons-sur-Marne, Jean-Baptiste François, met en évidence la relation entre la quantité de sucre présent dans la bouteille et la pression du gaz carbonique. Il définit une méthode qui mesure le bon volume de sucre à ajouter dans la bouteille pour assurer la fameuse « prise de mousse » sans risquer l’explosion du verre ! Un pas très important vers l’industrialisation de la production de Champagne effervescent.

1844
L’invention du muselet sécurise définitivement les bouteilles.
Adolphe Jacquesson, négociant à Châlons-sur-Marne, dépose le brevet du premier muselet : une plaque métallique placée sur le bouchon, évitant que celui-ci ne vienne s’incruster dans les fils de chanvre ou de fer qui le maintiennent à la bouteille, et empêchant donc des fuites de gaz voire de liquide.

Années 1840
Les Champenois revendiquent le Champagne de la Champagne.
Face à la concurrence des vins de Saumur dont certains sont produits selon les méthodes utilisées en Champagne, une dizaine de négociants champenois engagent les premières actions judiciaires pour défendre la marque « Champagne » et le contrôle de l’origine des bouteilles s’en revendiquant.

Années 1860
Le dosage brut fait sa première apparition.
C’est pour satisfaire les goûts des Anglais qui veulent consommer du Champagne à tout moment du repas (et pas qu’au dessert contrairement à l’habitude française), que les maisons de Champagne conçoivent des cuvées moins sucrées (entre 17 et 30 grammes de sucre par litre). Ce dosage « brut » deviendra finalement la référence pour tous les buveurs de Champagne !

Années 1880
On met en place la « liqueur de tirage ».
La découverte de l’existence des levures par Louis Pasteur en 1857 aboutira à une application essentielle pour le Champagne : la création de la « liqueur de tirage », mélange de vin tranquille (non effervescent), de sucre et de levures alcooliques, savamment mesuré pour maîtriser à coup sûr la prise de mousse (ni trop forte, ni trop faible).

1884
Le dégorgement à la glace est mis au point.
Le dégorgement, ou évacuation des levures mortes, était jusque-là pratiqué uniquement « à la volée », c’est-à-dire en retournant à la main la bouteille (qui est tête en bas à la fin du remuage) pour laisser les bulles expulser le dépôt avant de reboucher au plus vite la bouteille. Si vous imaginez la scène, vous pouvez comprendre que cette technique peut entraîner une perte non négligeable de liquide. Avec le dégorgement à la glace, le dépôt de levures mortes est congelé dans les bouteilles dont on a placé les goulots dans un bac froid, et il faut donc expulser uniquement ce petit bloc de glace.

1888
Le phylloxéra finit par arriver en Champagne.
Apparu en France pour la première fois en 1863, ce puceron ravageur qui entraîne la mort de la vigne en trois ans, atteint finalement le vignoble de l’Aube et continue de remonter lentement vers le Nord. L’Aisne est également touché en 1890.

1899
On commence à expérimenter les porte-greffes américains.
La Maison Moët & Chandon est la première à expérimenter la technique du greffage de cépages français sur des porte-greffes américains résistants au phylloxéra. La technique sera officiellement autorisée fin 1901 par les Services Agricoles de la Marne, alors que toute la région est atteinte par le puceron.

1908
Ce sont les prémices d’une appellation.
Une première loi délimitant géographiquement l’appellation « Champagne viticole » est instaurée, conditionnant le droit d’utiliser le mot « Champagne » aux vins « récoltés et manutentionnés complètement dans la Champagne viticole ». La zone d’appellation regroupe la Marne (Reims, Épernay, Vitry-le-François) et l’Aisne, mais pas l’Aube !

1911
Les révoltes des vignerons aboutissent à la définition de l’échelle des crus.
Révolte des vignerons de ChampagneLes vignerons de la Marne se révoltent violemment contre les négociants, qui sont nombreux à s’approvisionner en-dehors de la zone d’appellation pour faire baisser le prix des raisins. Cette période très trouble aboutit à un accord sur le prix du kilo de raisin selon une « échelle des crus » (Grand cru, Premier cru, sans cru) : plus les raisins proviennent de crus (villages) avec un sol de qualité, plus ils peuvent prétendre au prix le plus élevé.

Années 1920
Le phylloxéra est éliminé de la Champagne.
Le vignoble champenois finit par être complètement reconstitué grâce aux porte-greffes américains. On en a profité pour se concentrer essentiellement sur trois cépages très satisfaisants en termes de qualité et de rendement : le chardonnay, le pinot noir et le meunier. Une seule parcelle de vignes « franches de pied » (c’est-à-dire non greffées) a été sauvée, située au pied des bâtiments actuels de la maison Bollinger à Ay.

1927
L’Aube intègre la zone d’appellation.
Après de nombreux combats judiciaires et parlementaires, le département de l’Aube est finalement ajouté à la « Champagne viticole » dont il avait été exclu jusque-là à la grande colère des vignerons aubois.

1936
Le Champagne est distingué en tant qu’AOC.
Les récoltants et négociants de Champagne sont officiellement distingués par le terme « appellation d’origine contrôlée », la première du monde.